Né en 1955 à Tunis – Vit et travaille à Paris
Visiter la galerie « sculptures » de Marc Perez
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» Quelques mots …
On me demande parfois quelques mots sur mon travail .
De bonne grâce je m’y essaye à chaque fois, sachant bien que l’on ne peut qu’écrire ou parler qu’à coté de son travail. Parvenir à dire justement ce que l’on fait reviendrait à avouer que les mots suffisent . Lorsqu’on essaye de peindre, lorsque l’on se décide a se lancer vers cette grande aventure, c’est aussi pour aller la ou les mots ne vont plus… Je suis souvent surpris de voir que les mots vous rattrapent toujours . Peut être ont t-ils quelques choses de plus rassurants que les formes ?… » Marc PEREZ
« La grande aventure »
Je ne suis pas marin.
L’ai-je été dans une autre vie ? Cela m’amuse d’y croire. Je ne suis pas marin mais je navigue et mon bateau c’est l’atelier.
Tous les jours, je reprends la barre, et je vois défiler « mes paysages intérieurs » comme les appelait Z. Music, je navigue encore et encore à la recherche des rivages de l’âme… .Tous les jours je retrouve mon embarcation avec le même rêve celui de voir venir des horizons nouveaux, de voir naître de nouvelles lumière. Mais tous les jours je retrouve la même impatience, les mêmes déceptions; Les paysages changent, mais trop lentement, de façon parfois si imperceptible que le renoncement, semble être le seul horizon possible. Je retrouve les même peurs aussi… Je sais que le naufrage n’est jamais loin même par temps calme .Je sais que tous les jours il y a la crainte d’être à jamais perdu lorsque plus aucune terre ne se dessine au loin. Et puis quand la houle se lève, les vagues , les vagues à l’âme, les courants, les tempêtes, les tourbillons m’ emportent il faut aussi trouver cette force de ne pas sombrer. Par bonheur de temps en temps, le paysage qui se transforme devant les yeux, et aux bout des doigts, surprend et submerge d’une belle et joyeuse excitation .Le tableau ou la sculpture devient comme étrangère mais tellement proche aussi. Ces instants seuls justifient le voyage … Ces instants qui font croire qu’enfin vous découvrez une terre nouvelle , qu’enfin vous avez réussi à vous décaler un peu de vous-même, ces instants qui vous fond rêver alors d’universel ,puisque au fond de vous, dans ce voyage au bout de sa propre nuit on croit trouver les autres… Mais l’accalmie est brève .Les joies s’estompent vite. Comme pour ce marin solitaire naviguant des jours durant autour d’une terre qu’ il voit changer, émerveillé, avant de s’apercevoir qu’il reviens à son point de départ … On ne navigue jamais qu’autour de soi .La est bien toute la similitude avec le marin ; ce rêve d’ailleurs ,de nouveaux horizons, ce rêve de devenir autre avec les paysages qui changent et toujours ce besoin si fort de fidélité à soi et à sa vieille embarcation à laquelle on s’accroche. Cette fidélité que certains appellent sincérité,et qui n’est peut être qu’un « obstacle que l’artiste doit vaincre » dit F. Pessoa .Obstacle que l’on doit sauter pour aller vers la grande aventure …
« L’aventure, la grande aventure c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour dans le même visage, c’est plus grand que tous les voyages autour du monde » …Le hasard a voulu que je tombe sur cette phrase, au terme de l’écriture de ce texte.Cette phrase de Giacometti m’est arrivée au bon moment comme pour me porter secours… Marc PEREZ, Fev 2008
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